Biographie

Perfectionniste, extraordinairement technique, créatif, innovant... Voici les adjectifs parmi tant d'autres que nous pouvons attribuer sans nous tromper à l'un des meilleurs couturiers les plus influents du XXe siècle. Cristóbal Balenciaga Eizagirre (Getaria, Gipuzkoa, 21 janvier 1895 – Jávea, Alicante, 23 mars 1972) est devenu un pionnier de son temps, un génie qui a révolutionné la conception de la manière de s'habiller et du corps même de la femme. La perfection était pour lui une obligation et son extraordinaire contrôle de la technique lui facilitait la tâche. Son caractère innovant en est l'aboutissement qui dérivait dans la recherche d'une plus grande simplicité et d'une pureté des formes.

Cristóbal Balenciaga déclenchait les passions partout où il passait. Les paroles de ses collègues et des mannequins reflètent peut-être mieux que personne l'essence de l'art de l'artiste de Gipuzkoa. « C'est notre maître à tous » disait de lui un autre « grand » comme Christian Dior ; « C'est l'architecte de la grande couture » disait de lui Hubert de Givenchy ; une autre référence des défilés comme Coco Chanel le définissait comme le « seul véritable couturier » puisqu'à la différence de ses contemporains, « il était capable de dessiner, couper, monter et coudre une robe du début jusqu'à la fin ».

Tout au long de sa vie, son caractère de précurseur était manifeste. C'est ainsi qu'en 1917, à 22 ans seulement il ouvrit son premier établissement à Saint Sébastien, qui se prolongerait ensuite à Madrid et Barcelone.

La royauté et l'aristocratie espagnoles entendraient bientôt parler de son talent et adopteraient totalement ses modèles.

La Guerre civile espagnole l'obligea à baisser le rideau de ses maisons et à émigrer vers la Mecque de la mode, Paris. Dans la capitale française, plus concrètement sur l'Avenue George V, il inaugura son premier atelier qui lui servirait de tremplin pour lui ouvrir les portes de toute l'Europe. C'était en 1937

C'est à partir de cette date qu'il commença à parcourir le vieux continent, une expansion qui deviendrait plus palpable à partir de 1945. Son style innovant s'imposerait au cours de ces années troubles en Europe. C'était sa marque d'identité. Elle l'amena à commencer à recevoir les appels et les visites de certains des plus grands personnages de la scène continentale, comme Marlene Dietrich ou Greta Garbo. On lui doit également les modèles des robes de mariée de la Reine Fabiola de Belgique, entre autres illustres représentants de l'aristocratie, ou les créations pour les épouses des grandes fortunes d'Amérique du nord.

Il a sans aucun doute fait un apport majeur au monde de la mode : l'introduction d'une nouvelle silhouette pour la femme. La rupture d'avec les valeurs en vigueur jusqu'alors se concrétisa avec des modèles aux lignes fluides et aux volumes surprenants. Ce furent en définitive des lignes, des modèles et des designs qui marquèrent leur époque, comme la ligne tonneau (1947), le look semi-ajusté de 1951, les jupes ballon d 1953, la tunique de 1955, la robe sac de 1957 ou le baby-doll de 1958. Ce fut l'éclosion définitive, l'ascension aux autels de la couture d'un iconoclaste en avance sur son temps. Pour preuve, les louanges incessantes de ses collègues, de l'industrie de la mode et du public en général. Aujourd'hui encore, un demi-siècle après cette rupture d'avec le passé, les passerelles continuent à faire défiler ses propositions.