Cristóbal Balenciaga

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Cristóbal Balenciaga Eizaguirre naît dans la petite localité de Getaria (Pays basque, Espagne) le 21 janvier 1895, au sein d’une famille modeste. Le père, pêcheur, meurt quand Balenciaga a 11 ans. La mère, figure de référence pour Balenciaga, est couturière et travaille pour la famille des marquis  de Casa-Torres.

Dès sa première jeunesse, il est ainsi en contact avec le métier de sa mère et avec l’élégance et le bon goût de la marquise, qui contribuera à encourager son talent et deviendra l’une de ses premières clientes. En 1907, il figure déjà comme résidant officiellement à San Sebastián, où il s’initie au métier de tailleur en travaillant dans divers établissements en relation avec la mode parisienne. À cette époque, la ville vit un boom économique favorisé par l’activité du secteur tertiaire, grâce à la présence saisonnière de la cour en été et au phénomène touristique qui envahit la Côte basque.

À 22 ans, Cristóbal Balenciaga crée sa première maison de couture, qu’il inscrit au registre industriel dans la rubrique Couturier, assujettie à la taxe fiscale la plus élevée, et qu’il baptise C.Balenciaga, au nº 2 de la rue Vergara de San Sebastián . En un an, il modifie cette inscription en faisant entrer de nouveaux associés, les sœurs Lizaso, créant une société limitée à durée déterminée de six ans, sous le nom de Balenciaga y Cía, tout en maintenant la même adresse.

À l’extinction du contrat en 1924, la société se dissout et Cristóbal Balenciaga crée une nouvelle affaire et transfère son siège au nº2 de la Avenida. Cette année-là, 71 ouvriers (68 femmes et 3 hommes) sont employés chez lui. En mars 1927, dans une stratégie de diversification, il crée la seconde marque Martina Robes et Manteaux au 1er étage du 10 de la rue Oquendo (Martina était le nom de sa mère), qu’il rebaptise en octobre du nom EISA Costura (encore une fois une dénomination en rapport avec le nom de sa mère, Eizaguirre).

La première entreprise, Cristóbal Balenciaga, reste ouverte sans interruption jusqu’en 1937, date de son installation à Paris. La seconde, EISA Costura, se diversifie géographiquement à Madrid (1933) et à Barcelone (1935) sous le nom d’EISA BE, tout en maintenant l’établissement de la Avenida, à San Sebastián.

Mais c’est assurément son étape parisienne qui le consacre comme l'un des créateurs les plus influents de l'histoire. Poussé par la guerre civile espagnole, Balenciaga part pour Paris et installe ses salons au nº10 de l’avenue George V. Cette décision lui ouvre non seulement les portes des plus importants fournisseurs de tissus et des meilleurs spécialistes des métiers en rapport avec la Haute Couture, mais le met aussi en contact avec une clientèle cosmopolite d’un haut statut social, économique et culturel, qui est aussi le point de mire des médias internationaux.

Le succès l’accompagne dès la présentation de sa première collection en 1937 et ses créations, basées sur le confort, la pureté des lignes, la réinterprétation de la tradition espagnole et le développement de volumes innovants, marqueront la mode des décennies centrales du XXe siècle, jusqu’en 1968, quand la Haute Couture commence à reculer face au progrès du prêt-à-porter, moment où Balenciaga décide de se retirer.

Sa précision, sa maîtrise de la technique et son perfectionnisme lui vaudront l’admiration de ses collègues et contemporains, comme Christian Dior qui l’appelait « notre maître à tous », ou Hubert de Givenchy qui se référait à lui comme « l’architecte de la Haute Couture » ou encore Coco Chanel, qui disait de lui qu’il était le « seul vrai couturier ».

Mais c’est sa capacité d’innovation, en évolution constante et subtile, sa connaissance des tissus, son sens de la proportion et des volumes, et sa vision et interprétation du corps féminin qui l’ont consacré comme l’un des créateurs les plus influents de tous les temps.

Au fil de son évolution créative, Balenciaga cherche, expérimente, introduit et perfectionne différentes lignes qui altèrent la silhouette féminine prédominante, en s’éloignant des canons culturels du moment et en élevant progressivement le degré d’abstraction. En se centrant sur le dos, en redessinant la taille, en créant des volumes et en simplifiant les coupes.

Ainsi, il introduit la ligne « tonneau » (1947), le look « semi-ajusté » en 1951, les jupes « ballon » en 1953, la tunique en 1955, la robe « sac » en 1957 ou la « baby-doll » en 1958, avançant progressivement vers un minimalisme formel qui caractérisera ses créations de la décennie suivante.

Ses propres mots définissent son travail en tant qu’artiste : « un couturier doit être architecte pour les plans, sculpteur pour la forme, peintre pour la couleur, musicien pour l’harmonie et philosophe pour la mesure ».